Polyaquaculture Research Unit
L'algoculture


Historique de la culture d’algue rouge, kappaphycus alvarezii

Kappaphycus alvarezii présente un grand intérêt commercial car elle constitue une importante source de carraghénanes, un phycocolloïde largement utilisé dans l’industrie alimentaire, pharmaceutique et cosmétique pour ses propriétés d’épaississant, de stabilisateur et d’agent gélifiant (Hayashi et al., 2007).  

Les carraghénanes représentaient, en 2009, un marché annuel de 527 millions de dollars US avec une production annuelle totale de 50.000 tonnes (Bixler et Porse, 2010). Au cours des trois dernières décennies, ce marché a enregistré une croissance de 5% par 4 ans. Aujourd’hui, K. alvarezii représente à elle seule 70% des algues utilisées dans la production de carraghénanes (Hayashi et al., 2007). 

Les premiers essais de culture de K. alvarezii ont débuté aux Philippines durant la seconde moitié des années 1960. Ces essais pilotes furent conduits conjointement par l’entreprise Marine Colloids et le Dr Maxwell Doty de l’université d’Hawaï. Les variétés utilisées provenaient de variétés locales, sélectionnées dans le milieu naturel (Ask et al., 2003).  

La première culture de K. alvarezii à des fins commerciales débuta ensuite en 1971 aux Philippines avec une production d’un peu moins de 1.000 tonnes d’algues sèches par an. Aujourd’hui, cinq pays sont producteurs à l’échelle commerciale (plus de 1.000 tonnes sèches de K. alvarezii produites par an) : l’Indonésie, les Philippines, la Tanzanie, le Vietnam et la Malaisie (Neish, 2012). Les Philippines et l’Indonésie représentent à elles seules plus de 82 % de la production mondiale de K. alvarezii (Neish, 2012).  

La production annuelle mondiale est ainsi passée de moins de 1.000 tonnes sèches par an en 1971 à environ 160.000 tonnes par an aujourd’hui (Bixler et Porse, 2010) assurant une source de revenus à 40.000 à 50.000 familles dans le monde (Ask et Azanza, 2002). 
 
Dès la fin des années 1980, plusieurs essais de culture démontrent la faisabilité de la culture d’algues rouges à Madagascar (ref : Mollion, IH.SM, etc…) mais ne débouchent sur aucune exploitation commerciale significative. Ce n’est qu’à partir de la fin des années 90 qu’une production commerciale se met en place, notamment grâce à l’importation d’une variété philippine de K. alvarezii à forte croissance et à l’appui d’un programme de coopération technique et financière (ARPL/UE). 

Malgré l’implication de différents opérateurs économiques dans plusieurs zones côtières de la Grande Île, seule la société Ibis Madagascar réussit à poursuivre une exploitation rentable de l’algue dans la Région de Diego-Suarez, exportant jusqu’à de 2000 t par an. Elle est toutefois confrontée depuis 2010 à de sérieux problèmes phytosanitaires (parasitisme persistent) qui ont fortement affectés les volumes produits. 

Par ailleurs, depuis 3 ans, de nombreuses initiatives ont été menées pour relancer l’algoculture, notamment grâce à l’appui du ReCoMaP. C’est le cas de COPEFRITO dans la Région de Toliara qui collabore actuellement avec plus de 400 algoculteurs répartis sur 200 Km de côte et commence à exporter ces produits sur l’Europe. 
Aujourd’hui, ce sont au moins 7 opérateurs privés différents qui s’intéressent à l’algoculture et tentent, avec plus ou moins de succès, de développer des productions commerciales sur les littoraux malgaches. Les contraintes auxquelles elles ont à faire face sont autant d’ordre technique et biologique que social et économique. 
 

Polyaquaculture Research Unit (PRU)

Depuis 2012, le projet PRU (Polyaquaculture Research Unit) commence ses recherches pour le developpement de l’algoculture à Madagascar. Plusieurs objectifs seront visés pendant les 4 premières années du projet, qui sont : 
  • Mise en place d'une plateforme de travail entre les différents acteurs de la filière: Universités (belges et malgaches) - Secteurs privés - ONG et villageois-aquaculteurs. Les acteurs de cette plateforme effectueront des séances de travail de manière récurrente; 
  • Implantation d’un laboratoire de recherche pour des expériences in-vitro et pour les manipulations et observations; 
  • Monitoring précis des conditions océanographiques dans les différents sites (idéalement 4 sites répartis entre Diego et Sarodrano) simultanément à une quantification de l’ampleur des deux maladies; 
  • Implantation de structures de recherche (lignes d'algoculture) dans les villages cibles à Madagascar. Ces aménagements permettront de prendre des mesures in situ de la croissance des algues et seront adjacents aux structures de production villageoise apportées par les firmes privées impliquées dans le projet;  
  • Décryptage de l’étiologie des maladies et du cycle des parasites (type ice-ice et EFA); 
  • Compréhension des paramètres de croissance (normale et anormale le cas échéant) de Kappaphycus alvarezii, la cotonii et d'autres algues rouges aquacultivées (en première hypothèse:(Kappaphycus alvarezii) en fonction des paramètres environnementaux; 
  • Analyse des taux de carrhagénanes des algues produites en fonction des paramètres environnementaux et en fonction de la période;
  • Etude des dynamiques sociales et des facteurs économiques associées au développement et au succès de l’introduction de ces nouvelles activités aquacoles marines dans les communautés de pêcheurs.
OFFRES DE STAGE
Deux stages sur le thème: « Analyse des transformations et des dynamiques économiques sur le littoral vezo »

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